Mobilisations lycéennes et étudiantes : les jeunes veulent des mesures tangibles, pas des promesses
La mobilisation de la FAGE et de l’intersyndicale a contraint le gouvernement à réagir. Mais ces premières réponses sont loin de répondre à l’urgence : il ne suffit pas d’annoncer, il faut que les jeunes sentent la différence dans leur quotidien.
Après des années d’alertes sur la dégradation des conditions de vie et d’études dans tout le système éducatif, et à la suite de nombreuses mobilisations, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures : la création de 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, l’indexation des bourses sur l’inflation, 1 Milliard pour les bâtiments scolaires, 4 Milliards pour les régions à destination des lycées, des modifications sur Parcoursup pour 2027 et 2028, ainsi que des mesures en faveur de la démocratie lycéenne.
Ces annonces montrent que la mobilisation des jeunes fait bouger les lignes. Elles ne sont pourtant que de premières étapes, qu’il faut impérativement compléter. Nous ne nous satisferons pas d’effets d’annonce.
Sur la rénovation du bâti
Les sommes annoncées ne correspondent qu’à des autorisations d’engagement : ce n’est pas un investissement réel de l’État mais des promesses de prêts facilités, et rien ne garantit à ce jour que les lycéenNEs verront un jour leurs établissements changer.
Sur les bourses
L’indexation sur l’inflation est un minimum, pas une réelle réponse à la précarité étudiante. Elle ne fait que maintenir un pouvoir d’achat déjà insuffisant. Nous exigeons une véritable base de réforme, qui doit a minima comprendre une linéarisation des échelons par le haut, donc une hausse du montant des bourses, et un élargissement du nombre de bénéficiaires à hauteur de 1 million. L’enjeu est simple : que cette réforme soit palpable. Les étudiantEs doivent la sentir dans leur budget, à la fin du mois, dans leur capacité à se loger, se nourrir et se soigner sans renoncer à leurs études.
Sur Parcoursup
L’essentiel reste à faire. Le problème ne tient pas à la plateforme, mais au manque de places à dans l’enseignement supérieur public, qui rend la sélection inévitable. Comment apaiser l’angoisse que vivent chaque année les lycéenNEs avec 15 000 places et de simples ajustements paramétriques ? Il faut un véritable plan d’urgence pour ouvrir des places dans le supérieur, dans toutes les filières et sur tous les territoires, pas seulement en BTS et IUT ou en Île-de-France.
Enfin, le dialogue social ne peut pas se limiter à un échange sans suite. Les organisations représentatives doivent être entendues et obtenir des réponses à la hauteur des enjeux. Les jeunes se mobilisent depuis des années : ils ne se contenteront pas de paroles. Notre mobilisation paie, mais le combat n’est pas terminé. Nous continuerons à porter nos revendications pour obtenir des engagements précis et des avancées durables, en particulier une véritable base de réforme des bourses pour répondre à l’urgence sociale. Nous resterons mobiliséEs pour que les annonces d’aujourd’hui deviennent les améliorations concrètes du quotidien de demain.
Nous avons obtenu une première base de réponses. Désormais, nous voulons des actes à la hauteur des besoins des jeunes.