Un coût de rentrée qui explose
Chaque année, l’Indicateur du Coût de la Rentrée (ICDR) de la FAGE mesure l’ampleur de la précarité étudiante. Le constat 2026 est sans appel : la rentrée coûte désormais 3 240 € en moyenne, contre 2 584 € en 2020, soit une hausse de 25 % en six ans, dans un contexte où logement (637 € de loyer moyen), alimentation (181 €/mois) et vie quotidienne pèsent chaque année plus lourd sur des budgets étudiants déjà exsangues. Une précarité qui pousse aujourd’hui unE étudiantE sur deux à se salarier pour financer ses études, non plus par choix mais par nécessité.
Mais derrière cette moyenne nationale, une réalité bien plus brutale touche une partie du réseau étudiant : celle des étudiantEs extra-communautaires.
Un coût de rentrée accamblant

Pour les étudiantEs venuEs de pays hors Union européenne, le coût de la rentrée atteint 7 023 €, plus du double de la moyenne nationale ! Cet écart n’est pas le fruit du hasard : il résulte d’un empilement de mesures administratives et financières prises spécifiquement à leur encontre depuis 2026 :
- Frais d’inscription multipliés par 16 par rapport aux étudiantEs communautaires ;
Suppression des APL, privant cette population d’un filet de sécurité pourtant décisif face au coût du logement ;- Doublement du coût du titre de séjour, alourdissant une charge administrative déjà lourde ;
- Hausse des ressources exigées pour obtenir l’autorisation de venir étudier en France, excluant de fait les profils les plus modestes.
Pour beaucoup, cette accumulation ne laisse plus le choix : se sur-salarier au détriment des études, renoncer à certains besoins essentiels, ou dans les cas les plus graves, abandonner purement et simplement son parcours universitaire.
La FAGE et son réseau se mobilisent
Face à cette politique de précarisation ciblée, la FAGE et son réseau se sont mobilisés le 15 septembre 2026 contre ce que l’organisation qualifie de mesures xénophobes. Le message porté dans la rue était clair : étudier en France ne doit jamais dépendre de son origine ni de la taille de son portefeuille. La FAGE refuse la construction d’une université à deux vitesses, où certainEs paieraient plus simplement parce qu’iels sont néEs ailleurs.
La mobilisation se poursuit : rendez-vous le 29 septembre pour continuer à porter ces revendications et exiger un service public à la hauteur des enjeux.
Les réponses attendues
Pour la FAGE, les solutions sont connues et actionnables :
- Revenir sur les mesures spécifiques qui frappent les étudiantEs extra-communautaires ;
- Faire adopter au Sénat l’indexation et l’annualisation des bourses ;
- Généraliser réellement l’encadrement des loyers, pour tous les étudiantEs sans distinction.
En 2020, un coût de rentrée de 2 584 € suffisait à déclencher une alerte générale sur la précarité étudiante. En 2026, il atteint 3 240 € en moyenne et jusqu’à 7 023 € pour les étudiantEs extra-communautaires, sans que l’urgence ne soit plus reconnue comme telle. La FAGE et son réseau refusent que cette situation devienne la norme.
