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Rencontre avec les candidats CNESER pour la FAGE
Bonjour à tous les huit, vous êtes candidats CNESER pour la FAGE pour le mandat 2012-2014. A ce titre vous allez représenter l’ensemble des étudiants.

FAGE : Julien, tu es en première position sur la liste CNESER de la FAGE, quelles sont les trois priorités à donner pour le mandat de l’équipe nationale ?
Julien : "Notre projet s’axe autour de trois enjeux pour la jeunesse.
Dans un premier temps, c’est de rendre l’Université accessible à tous, une Université publique comme acteur central de l’enseignement supérieur, consciente de sa dimension sociale. Pour mettre l’Université au coeur de la politique d’enseignement supérieur, nous travaillerons à une réforme de la loi LRU.
C’est ensuite notre volonté de faire de l’étudiant un acteur de sa formation. L’excellence ne doit pas être pour quelques-uns, mais pour tous et au service de la réussite de chacun. Pour cela, nous porterons la construction de cursus cohérents dans l’espace européen de l’enseignement supérieur. L’approche par compétence et la formation initiale et continue des enseignants à la pédagogie sont des éléments indispensables à la réussite de tous. En lien avec ce dernier point, nous porterons la volonté d’un enseignement supérieur qui s’améliore, cela grâce à une démarche qualité généralisée et performante.
Enfin, l’insertion professionnelle sera une préoccupation centrale de notre mandat. Nous porterons la volonté de renforcer les liens entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. L’orientation est en lien direct avec l’insertion professionnelle. Nous demanderons une réforme des politiques d’orientation dans notre enseignement, car l’orientation doit être choisie et non subie."
FAGE : Laura et Kévin, vous êtes étudiants parisiens, la question des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) doit donc vous parler particulièrement ? Quels sont les enjeux de ces regroupements selon vous ?
Laura et Kévin : "Les enjeux de ces regroupements sont multiples. Le statut de PRES, créée en 2006, avait pour principal objectif d’accroître l’attractivité internationale de l’enseignement supérieur français en encadrant le rapprochement d’établissements pouvant déboucher sur une fusion, une coopération ou une mutualisation. De ce fait, leur développement a notamment permis un rapprochement entre les universités et les écoles, rapprochement nécessaire afin de garantir les mêmes droits et la même qualité de formation à tous les étudiants.
En revanche, d’autres points sont à revoir. Récemment l’attribution des dotations des initiatives d’excellence à 8 PRES dont 4 en Ile-De-France, contribue à accroître une fois de plus les inégalités et cette sensation d’un enseignement supérieur à plusieurs vitesses. Or, en France, les étudiants choisissent leur formation non pas en fonction d’un projet personnel, mais en fonction de l’accessibilité de celle-ci.
Enfin, le statut de grand établissement choisi par certains interroge. En effet, ce statut ne garantit aucunement une représentativité de la diversité de la communauté universitaire. On peut là aussi se demander comment les étudiants seront intégrés dans ce modèle de gouvernance. Par ailleurs, on peut souligner le manque de représentativité des régions et des CROUS dans la gouvernance des PRES. Comment pouvons-nous parler d’ancrage dans le territoire lorsque les PRES n’incluent pas systématiquement tous les acteurs de ceux-ci ? Plus que jamais il est urgent de réformer la loi relative aux Libertés et Responsabilité des Universités (LRU) afin de garantir une cohérence et une cohésion territoriale, dans le but d’assurer une égalité de traitement des étudiants."
FAGE : Chloé, tu as été Vice-présidente étudiante de ton université, que représente pour toi le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ?
Chloé : "Le CNESER représente la possibilité de porter les valeurs de notre réseau dans un cadre national notamment en matière d’enseignement supérieur et d’oeuvrer pour une démocratisation de l’enseignement supérieur. C’est aussi porter des propositions pour une société plus juste et capable de réduire les inégalités sociales. L’enjeu du CNESER n’est pas qu’étudiant, c’est la question de notre jeunesse et donc de l’avenir de notre société dont il s’agit.
Le CNESER c’est aussi la possibilité de permettre à tous les établissements, quel que soit leur taille, de pouvoir délivrer une formation adaptée aux besoins des étudiants et des diplômes nationaux de qualité et reconnus. Les établissements sont les acteurs de l’enseignement supérieur au local et attendent des mesures adaptées en provenance des instances nationales. Ils ont besoin d’avoir en mains toutes les cartes pour proposer à leurs étudiants des formations répondant aux besoins.
Enfin, ce Conseil représente également l’opportunité d’apporter une vision de terrain qui parait parfois absente lors de certaines décisions. De même, la vision des étudiants doit être portée avec le plus de force possible, car il s’agit bien de notre destin. Les représentants doivent être présents sur tous les fronts, tout le temps et ne jamais s’interdire d’intervenir sur tous les sujets, car tous les sujets nous concernent !"
FAGE : Allan, tu es étudiant en doctorat. Les étudiants en troisième cycle ont de nombreuses problématiques, quels seront les axes de travail de l’équipe sur la question des doctorants ?
Allan : "Actuellement en première année de doctorat, à titre personnel, j’ai été confronté à de nombreuses difficultés. C’est à cette occasion que j’ai pu saisir les nombreuses problématiques touchant les doctorants. Les axes de travail seront au nombre de deux :
- la valorisation du doctorat : il existe de nombreux problèmes en matière de formation doctorale et d’insertion professionnelle. Il faudra améliorer cette première en valorisant notamment la notion de pédagogie et en généralisant les ateliers de valorisation du travail de recherche, ce qui est en lien direct avec l’insertion professionnelle. Sur ce dernier point, il faudra rapprocher le doctorant de l’entreprise, par le biais de la formation nous l’avons dit, mais également en provoquant des rencontres plus fréquentes entre jeunes chercheurs et professionnels et en incitant à l’utilisation des CIFRE qui sont des conventions permettant à un doctorant de travailler en entreprise tout en lui laissant le temps de continuer son travail de recherche à l’université.
- la démocratisation de l’accès au doctorat : au-delà des grands principes, nous souhaitons améliorer la condition de vie des doctorants de manière générale et aider les étudiants les plus fragiles à pouvoir accéder au doctorat. Ces objectifs sont en cohérence avec ce que nous portons pour les étudiants en 1er et 2e cycle. Nous pourrons y arriver, notamment, en défendant avec force la hausse des contrats doctoraux (par le biais du budget des universités) ainsi que par la généralisation des dispositifs CIFRE. C’est par la reconnaissance et le financement des thèses que nous atteindrons cet objectif de démocratisation du diplôme le plus élevé de l’enseignement supérieur français."
FAGE : Benjamin, tu as toi aussi eu l’expérience d’avoir été élu au niveau local par un précédent mandat dans ton université, comment vois-tu ton lien en tant qu’élu national avec les élus locaux ?
Benjamin : "Être en lien avec les élus locaux est indispensable pour les élus nationaux.
Tout d’abord, les élus locaux sont les experts de terrain qui seront capables de nous faire parvenir les dossiers traités dans leurs établissements ayant besoin d'un avis du CNESER (nouvelles formations, contrats pluriannuels, répartition du budget...). Avoir l'avis des élus locaux sur les dossiers traités en CNESER permet de défendre des positions nationales en cohérence avec les enjeux locaux.
C’est aussi les élus locaux qui vont devoir veiller à la mise en place des orientations données par le CNESER. Le nouvel arrêté licence, la masterisation, la vie étudiante, le cahier des charges du 10e mois de bourses, les référentiels de compétences... autant de dossiers que des élus nationaux peuvent cadrer. L’application concrète est réalisée par les élus locaux. L’échange entre élus nationaux et locaux doit être permanent afin d’informer des biais relevés dans la mise en place des réformes et préconiser les ajustements nécessaires que les élus CNESER de la FAGE porteront.
D'une manière plus générale, les élus nationaux se doivent d’être présents pour accompagner les élus locaux dans leur travail et apporter toute l’aide technique nécessaire. La préparation des conseils d’administration ayant à traiter le budget de l’établissement par exemple peut nécessiter une aide que nous apporterons, car c’est notre rôle.
Nous sommes avant tout une équipe d'élus étudiants, engagés pour défendre au mieux les intérêts des étudiants, en gardant toujours en tête les particularités locales."
FAGE : Claire-Marie, toi qui es présidente de la fédération des associations étudiantes de Besançon (BAF), tu as l’habitude des relations institutionnelles, comment envisages-tu celles-ci au niveau national avec le Ministère et les partenaires sociaux ?
Claire-Marie : "Effectivement, j’ai eu depuis le début de mon mandat de présidente de nombreuses fois l’occasion de représenter les étudiants de l’Université de Franche-Comté auprès des différents partenaires institutionnels !
Si l’échelle et les enjeux sont certes différents entre national et local, je pense que l’approche est semblable. À partir du moment où l’on est élu pour représenter les étudiants, il s’agit de ne jamais oublier que nos paroles, nos propositions et nos actes doivent toujours être centrés sur leurs intérêts, sur leurs avis et opinions qu’il convient de défendre et donc de recueillir en amont. Par la suite, c’est fort de la conviction de représenter au plus juste les étudiants et avec la motivation de ne jamais trahir leur confiance que le travail institutionnel commence.
Alors l’expérience m’a appris une chose, les relations avec les institutions ne s’improvisent pas. La BAF que j’ai représentée, tout comme la FAGE, sont des structures qui ont su se faire connaître et reconnaître comme des partenaires incontournables sur les questions étudiantes, mais aussi de jeunesse. La FAGE, organisation étudiante représentative, organisation de jeunesse et d’éducation populaire est force de propositions, la jeunesse compte sur nous.
Face aux institutions et aux partenaires sociaux, il faut convaincre, parfois s’imposer, il faut sans cesse jongler avec ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas ! Ces bases sont communes aux deux échelles (locale et nationale) et l’expérience que j’ai pu avoir au niveau local, me servira à m’en forger de nouvelles au niveau national, au Ministère comme avec les partenaires sociaux. Ce mandat, je l’envisage avec d’une part le même enthousiasme que j’ai connu en défendant la BAF, et d’autre part une rigueur dans le travail ne laissant pas place à l’improvisation, car on n’improvise pas avec les droits des étudiants."
FAGE : Gaetan, tu es ancien Vice-président étudiant de l’Université de Toulouse 1 Capitole. Alors que le rapprochement des universités toulousaines connait des difficultés, comment vois-tu l'apparition de ces grands pôles universitaires créés par les appels à projet issus du grand emprunt ?
Gaetan : "L’apparition des grands pôles universitaires issus du grand emprunt n’appelle pas une réponse monolithique. C’est l’utilisation qui sera faite de cet outil qui déterminera son réel intérêt.
L’avantage de ces appels à projet est d’apporter un réel dynamisme et une innovation au sein de nos universités. Mais cela ne doit pas se faire dans un contexte de concurrence exacerbée.
Pour autant, mal utilisés, ces appels à projets peuvent devenir un frein à l’autonomie des universités en leur imposant un cahier des charges qui laisserait pour marge d’innovation uniquement celles décidées par le pouvoir central.
Enfin il est nécessaire que ces appels à projets ne soient pas l’initiation d’une fracture au sein de l’enseignement supérieur. Il n’est pas concevable de voir des sites universitaires disparaitre au profit de pôles immenses."
Bon mandat à tous !
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