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Cette semaine, la FAGE s'entretient avec Philippe LOUP, son Président, qui revient notamment sur les élections universitaires ainsi que la future élection au CNESER.
Philippe LOUP : "Le premier constat est l’augmentation générale du taux de participation à ces élections universitaires. C’est une hausse que l’on retrouve sur l’ensemble des universités. Je tiens à mentionner l’université d’Avignon où pratiquement 3 étudiants sur 10 ont voté. Ce qui reste exceptionnel pour une élection universitaire.
Il est à noter aussi la mobilisation importante des étudiants du réseau de la FAGE pour ces élections. Ainsi certains jours, c’était plus de 300 militants associatifs répartis sur les campus. Je tiens à les remercier et les féliciter pour leur mobilisation. Car ils sont les principaux responsables de la forte progression de la FAGE.
En effet, pour notre organisation ces élections sont une belle victoire. La représentation du réseau de la FAGE augmente en nombre d’élus étudiants et en nombre d’établissements couverts. Aujourd’hui, la FAGE renforce ainsi pleinement sa légitimité d’organisation étudiante majoritaire, ce qui est une belle réussite ! Notre réseau en est la clef.
Enfin, je suis obligé de parler du contexte dans lequel se sont déroulées ces élections. Les élections présidentielles et législatives ont mis en avant un certain nombre de débats et ont éveillé l’intérêt des étudiants. Aussi, il faut rappeler que les Présidents d’universités ont été renouvelés. Cela a joué sur les élections étudiantes avec certaines dérives qui ont été constatées comme des enseignants qui poussaient la constitution de listes étudiantes pour leur assurer des voix lors de l’élection du Président de l’université. La FAGE ne peut accepter ce genre de comportement de la part de ces enseignants qui utilisent la démocratie étudiante et les étudiants."
P.L : "Oui la participation est en hausse, on ne peut que s’en satisfaire ! Un plus grand poids et une plus grande légitimité seront accordés aux élus étudiants. J’espère que cela aura une influence positive pour les étudiants.
Je vois plusieurs facteurs responsables de cette hausse.
Je parlais tout à l’heure du contexte politique qui a marqué les élections étudiantes. Ces élections ont fait ressortir des sujets capitaux pour l’Enseignement supérieur. L’Université s’est vue fortement réformée durant les cinq dernières années (LRU, masterisation, RCE etc.). Les étudiants y ont été sensibles. Des dossiers comme les frais d’inscription ou la sélection à l’entrée de l’université, médiatisés à la marge de la campagne électorale présidentielle, sont capitaux aussi eux.
D’ailleurs les résultats électoraux montrent clairement le refus des étudiants de voir une quelconque hausse des frais d’inscription ou une sélection généralisée à l’entrée de l’Enseignement supérieur."
P.L : "Tout d’abord, un élu étudiant en conseil central est le représentant de l’ensemble des étudiants, indépendamment des filière ou des cycles d’études. L’élu étudiant a pour mission de représenter les étudiants et de défendre les intérêts matériels et moraux de ces derniers. Pour autant, il ne s’agit pas que de défendre les droits étudiants actuels ; les élus associatif ont construit un programme sur lequel ils ont été élu. Il faut maintenant le mettre en oeuvre !
Les élus étudiants, étant donnée la situation financière de nos universités auront à faire de nombreux choix, ce qui sera sans doute le plus difficile. Pour autant, je suis convaincu qu’un élu étudiant est avant tout "un politique" et c’est le rôle de ce dernier de faire des choix.
Les maquettes de formations sont d’une grande importance pour la qualité de l’Enseignement supérieur en France. Si là aussi, il y aura inévitablement des choix à faire, les élus étudiants doivent être pro-actifs sur les constitutions ou les modifications des maquettes de formation. C’est aussi la question de la démarche qualité, de l’évaluation des enseignements qui sera au coeur des réflexions concernant la pédagogie des enseignements.
En somme, les élus étudiants auront la lourde charge de faire en sorte que toutes décisions que ce soit en terme de formation, de vie étudiante, de budget, de gestion des personnels, de patrimoine immobilier, de recherche, aient comme centre de réflexion, comme objectif, l’Etudiant. Sur tous ces sujets, les élus auront aussi pour rôle de diffuser l’information auprès des étudiants afin que ces derniers puissent se prononcer en connaissance de cause et permettre une implication toujours plus grande des étudiants dans la politique de leur établissement.
Pour les aider dans leurs tâches, les élus nationaux de la FAGE répondront présent. Mais ce n’est pas à sens unique, les élus nationaux auront impérativement besoin des élus locaux pour remplir au mieux leur mandat. C’est donc un lien fort et permanent qui doit être établi entre élus nationaux et locaux afin de développer une cohérence dans la prise de décision et faire fonctionner au mieux notre système de démocratie participative."
P.L : "Des défis, il y en aura pour la future équipe CNESER de la FAGE. Ils seront nombreux.
La priorité sera de redonner la place que doit avoir le CNESER dans le paysage de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en France et dans la prise de décision. Ce conseil, certes consultatif, ne peut plus être constamment mis à mal avec des décisions contraires à ses avis. Il doit battre le rythme des politiques d’Enseignement supérieur et de Recherche, il doit en être le coeur.
En lien avec ce que je viens de dire, le système d’éducation et donc l’Enseignement supérieur doit comme un enjeux majeur dans notre société. C’est aussi reconnaitre le rôle de représentation et de porteurs de projet des organisations présentes dans le CNESER. L’Enseignement supérieur et la Recherche sont des éléments indispensables pour une sortie de crise durable. Les investissements publics doivent être poursuivis et renforcés, la démocratisation de l’Enseignement supérieur doit redevenir une priorité.
La formation des maîtres, la formation à la pédagogie des enseignants, le maintien de frais d'inscription bas, le financement de l’Enseignement supérieur, le maillage territoriale et l’offre de formation seront des éléments qui seront au coeur des réflexions du prochain mandat.
Les élus nationaux de la FAGE, en lien avec l’ensemble du réseau, porteront la voix des nombreux étudiants qui nous ont fait confiance pour les représenter pendant deux ans. Ils nous ont fait confiance car nous avons porté au niveau local des programmes ambitieux mais réalistes appuyés avec une forte expertise filiériste et territoriale. C’est aussi l’indépendance vis à vis des partis politiques et des syndicats professionnels et notre système de démocratie participative qui ont convaincu les étudiants. Ces valeurs seront portées au sein du CNESER par la FAGE."
P.L : "Il s’agit de représenter au plus haut niveau la voix des étudiants. Ce n’est pas rien. Pour réaliser cette mission, je le répète, l’indépendance, le réalisme sont des éléments auxquels les étudiants sont très attachés et que seul la FAGE porte à travers un projet politique global pour la jeunesse.
Je l’ai dit, le réseau de la FAGE est en progression dans de nombreux établissements et s’implante dans d’autres. La réalité est que dans une situation de réformes où les étudiants n’ont pu que peu faire entendre leurs opinions, alors que les classes sociales les plus défavorisées ont de plus en plus de difficulté à accéder à l’Enseignement supérieur, c’est à la FAGE et son réseau que les étudiants font confiance.
Aujourd’hui, je souhaite que nous transformions l’essai et que nous soyons l’organisation qui représente toujours plus fort au niveau national les étudiants afin de placer leurs problématiques et globalement celles de la jeunesse au coeur de l’agenda politique.
Dans le dialogue constructif, en toute indépendance, avec un projet politique pour la jeunesse fort de sens, voilà l’enjeu des élections CNESER qui s’annonce, voilà l’enjeux pour notre jeunesse."
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